Dimanche, plusieurs membres du Mouvement du 20 février sont sortis dans les rues des différentes villes du royaume afin de manifester contre la cherté de la vie. Des interventions musclées, des arrestations et des blessures graves ont été enregistrées lors de cette marche.

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La marche de dimanche soir au quartier Sidi Bernoussi à Casablanca a connu des arrestations de militants du Mouvement du 20 février.

Après quelques mois d’accalmie, le mouvement du 20 février sort de nouveau, tout de suite après le f’tour, dans la majorité des villes du royaume, dimanche, afin de protester contre la cherté de la vie, à laquelle le gouvernement islamiste n’a toujours pas trouvé d’issue. « La niveau de vie est devenu trop cher, le panier de la ménagère quasiment vide, l’Etat très tyrannique et nous, humiliés. Sans parler de la caisse de compensation… Allons-nous garder le silence ? Non ! Nous sortirons le 22 juillet pour dire non à tout cela ! ». Sur les quelques groupes Facebook du M20F, nous pouvons lire cette phrase. La couleur est annoncée, mais le mouvement peine à se faire entendre…

Matraque, arrestations, coups et blessures

« Nous avons été très pacifiques. Et à chaque fois que nous passons près d’une mosquée où les gens font leur prière de Tarawih, nous nous taisons et passons de manière très discrète…. », nous raconte une militant du M20F. Les mêmes revendications sont scandées lors de chaque sortie du M20F dans la rue. « Le peuple veut en finir avec la prévarication », « Le peuple ne peut plus supporter la cherté de la vie », ou encore « Le peuple veut une justice sociale et une dignité dans la vie. ». «Malheureusement, le mouvement n’a pas arrêté de demander l’essentiel de ce qu’un peuple a le droit d’avoir mais à qui s’adresse-t-on ? Aucune revendication n’a été prise en considération », nous révèle Elhoucine Idrissi, membre de l’AMDH, section Casablanca. Si à Rabat le nombre des manifestants a été estimé à quelques 3 000 personnes par l’AFP, le nombre des militants qui sont sortis dans d’autres villes reste imprécis. «  Les gens sont sortis dans les rues des quartiers populaires. Ils sont certes nombreux mais on a vraiment du mal à savoir qui marche pour revendiquer ses droits et qui marche vers la mosquée ou ailleurs… », témoigne Idrissi. Dans la nuit du dimanche, les arrestations avaient concerné dans la majorité des villes du royaume une vingtaine de personnes manifestantes. « Ici, à Casablanca, la police a abusé de la matraque et bandé les yeux des militants une fois dans l’estafette. On aurait dit un retour aux années de plomb. Ils ont confisqué tout le matériel qu’on avait : nos motocyclettes, nos banderoles, nos haut-parleurs, et notre calme… », nous raconte une source.  Cette dernière nous avoue également qu’à l’intérieur des commissariats, des jeunes du M20F n’ont pas échappé à la bastonnade. « La manifestation a été qualifié  par la police d’outil de criminalité. J’ignore qui sont les vrais criminels. Le militant Youssef Boula a été violemment frappé par les forces de l’ordre. Nous n’avons pu avoir aucune information sur lui. La police n’a rien voulu nous dire », nous renseigne Idrissi.

Monopole d’informations

Lundi matin, quelques membres de l’AMDH section Casablanca se sont rendus au commissariat de Bernoussi afin de tenter de libérer les jeunes détenus arrêtés la veille du lundi et de savoir qui a été envoyé à l’hôpital et qui est rentré chez lui. « Tout ce qu’on sait à présent, c’est qu’il y avait dimanche soir pas plus d’une vingtaine d’arrestations. Ce matin, nous en sommes à 8. Le reste a été libéré, mais la police n’a pas voulu donner de noms, ni l’état de santé de Youssef Boula, encore moins les chefs d’accusations retenus par la police. La police s’est mal comporté avec nous. C’est rare qu’elle agisse ainsi, surtout avec l’AMDH», nous apprend Idrissi. Contacté par le Soir échos, la police du commissariat de Bernoussi est restée injoignable. ◆

D’autres affaires à suivre

A l’heure où nous mettons sous presse, le rappeur du M20F, Mouad Belghouat, alias Elhaqed est devant les juges au tribunal de Aïn Sbaa, pour un énième procès qualifié par plusieurs de « kafkaïen ». Khalid Gueddar, le caricaturiste aux dessins très polémiques et directeur de rédaction du site satirique Baboubi.com est convoqué dans la même matinée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ). Contacté, le caricaturiste nous avoue qu’il ignore les raisons de cette convocation.

 

Paru dans le soir échos : http://www.lesoir-echos.com/premieres-manifs-ramadanesques/societe/55127/