Lundi, non loin de la ville de Benguérir, un minibus scolaire a été percuté par un train en provenance de Marrakech et à destination de Casablanca. Bilan officiel : 4 morts et 16 blessés. Un autre drame qui remet à jour le débat sur la sécurité des passages à niveau dans le pays.

 

garesLe drame survenu près de Benguérir a fait 4 morts et 16 blessés dont cinq sont dans un état grave selon des sources médicales.

Dans leur dernier bilan officiel établi, les autorités locales ont estimé à 4 le nombre d’enfants morts et à 16 le nombre de blessés dont 5 dans un état grave, suite à l’accident meurtrier qu’a connu la région de Benguérir. D’après des sources médicales, les enfants du lycée-collège Oulad Hassou El Hamri ont été transportés dans 3 centres hospitaliers différents de Marrakech selon la gravité de leur cas, à savoir, le CHU, la clinique Ibn Tofaïl, ou encore l’Hôpital Militaire. « Une petite fille a été accueillie chez nous au service de réanimation du CHU. Elle a la jambe fracturée, mais son état n’est pas critique. Elle est consciente et elle nous parle normalement », indique une source médicale du CHU.

Le chauffeur placé en garde à vue

Pour l’ONCF, c’est la faute du conducteur du minibus scolaire. Dans son communiqué, nous pouvons lire que « le 21 mai 2012, vers 18h, le train n° 612 assurant la liaison Marrakech-Casablanca-Fès, s’est arrêté d’urgence après avoir heurté un minibus de transport scolaire qui s’est engagé imprudemment sur la voie ferrée à hauteur d’un passage à niveau non gardé situé entre les gares de Benguérir et de Skhours ». Khalid Misbah, membre de la section de l’AMDH à Benguérir, nous apprend que le chauffeur du minibus scolaire, s’est rendu lui-même au poste de police de Benguérir. Il est jusqu’à présent placé en garde à vue au tribunal de première instance et n’a toujours pas été interrogé. Quelques sites d’information électronique avaient parlé d’un chauffeur en état d’ébriété, chose infirmé par Khalid Misbah, qualifiant cette information de «  tordue ».  Si dans son communiqué l’ONCF parle de l’imprudence du chauffeur, l’office évoque rapidement le principal problème que plusieurs pointent du doigt : le passage à niveau non gardé.

Les PN disparaissent doucement mais sûrement

Contactés pour nous parler des solutions qu’ils comptent entamer pour éviter à l’avenir ce type de drame, Aziz Rabbah, ministre de l’Équipement et du transport et Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF sont restés injoignables. Idem pour le service de la communication de l’Office chérifien. Rappelons que dans le cadre d’une convention de partenariat entre l’ONCF, le Conseil régional du Gharb-Chrarda-Béni Hssen, les Conseils provinciaux de Kénitra et Sidi Slimane, la Commune urbaine de Kénitra, la Commune urbaine de Sidi-Slimane et la Commune urbaine de Souk El Arbaa, le 29 janvier, Khlie et Rabbah avaient présidé la cérémonie d’inauguration d’un pont-route construit en remplacement du passage à niveau 1052 à Kénitra pour un budget de 130 millions de dirhams. Le projet  prévo it le remplacement de 4 passages à niveau à Kénitra dont 2 en service, 4 à Sidi-Slimane dont 1 en service et 2 à Souk Larbaâ, encore en cours de réalisation. « Depuis 2005, près de 46% du programme global a été réalisé correspondant à la suppression de 118 passages à niveau, soit une moyenne de 16 PN par an, et leur remplacement par une centaine d’ouvrages d’art : passerelles pour piétons, ponts-rails et ponts-routes … Les nouvelles lignes récemment mises en service, en l’occurrence la connexion Tanger – Port de Tanger Med et la ligne de Nador, ne comptent aucun PN. », peut-on lire dans un communiqué de l’ONCF. Construire un pont à la place de chaque passage à niveau, mettrait carrément fin à ce type d’accident tragique. Sauf si le train déraille, cela devient une autre histoire… ◆

 

 

 

Paru dans le Soir Echos: http://www.lesoir-echos.com/passages-a-niveau%E2%80%89-les-anti-gares-de-la-mort/presse-maroc/51756/

C’est une première au Maroc. Jeudi dernier, au musée de la Fondation Abderrahmane Slaoui à Casablanca, l’Institut français a présenté l’intégralité de l’œuvre de Gabriel Veyre. Des photographies et des films inédits sur le Maroc de 1906 à 1936. Aperçu.

Gabriel-VeyerGabriel Veyer, autoportrait, 1935.

Inaugurant son ouverture officielle jeudi dernier, à l’occasion de l’exposition Gabriel Veyre, le musée de la Fondation Abderrahmane Slaoui a comme pour ultime but de mettre en valeur la passion de cet artiste- collectionneur qui a donné son nom au Musée. « C’est la première fois que l’œuvre intégrale de Gabriel Veyre est présentée au Maroc dans le musée de la Fondation Abderrahmane Slaoui. Ce sont des trésors de la France qui appartiennent au Maroc. Gabriel Veyre a vécu ici de 1901 à 1936. Il n’y a jamais de hasard, puisqu’il vivait dans la rue voisine, celle qui est juste en face de la cathédrale et qui s’appelle la rue du Docteur Veyre, comme l’appelait les Marocains de l’époque. », nous raconte Patrice Armengau, directeur de l’Institut français. Gabriel Veyre a été opérateur des frères Lumière pour propager leur nouvelle invention, le cinématographe. Aussi, il fréquenta intimement le sultan Moulay Abdelaziz qui adulait la photographie.

Dans l’intimité du Maroc

L’auteur n’aurait pas pu mourir en paix s’il n’avait pas réalisé une séquence de photographies nostalgiques, « Dans l’intimité du Maroc ». En 1935, Gabriel Veyre a fait un tour au niveau de tout le pays et a tenté de prendre en photo le quotidien des gens. « Gabriel Veyre est le premier à avoir fixé les couleurs au Maroc sur une plaque autochrome en 1908 et devient l’un des plus fervents ambassadeurs. Dans ses photographies, il a essayé de s’éloigner de l’esprit orientaliste qui régnait à l’époque, c’est-à-dire qu’il montrait le Maroc tel qu’il était sans mettre de touche orientaliste, très chère jadis, au colonialiste. », nous explique Abdellatif Faouzi, professeur et médiateur culturel de l’exposition.

Moulay Abdelaziz, premier photographe marocain

L’exposition a notamment pour but de réconcilier la mémoire des Marocains avec leur histoire via l’art. « Gabriel Veyre était précurseur dans pas mal de domaines. C’est grâce à lui qu’il y a eu l’introduction des premières voitures Ford au Maroc en plus des minoteries, il a même initié la culture des animaux de basse cour. Dans la photographie c’était quelqu’un de très naturel et de très spontané, il n’avait pas de cliché sur les clichés qu’il photographiait»,  nous raconte Younes Chaoui, médiateur de l’Institut français de Casablanca.  Venu initialement au Maroc en 1901 jusqu’en 1936, Gabriel Veyre était aussi le photographe officiel du palais. Âgé de 20 ans à peine quand Gabriel Veyre atterrit au palais impérial de Marrakech pour enseigner au sultan la photographie, un laboratoire est aussitôt construit dans la cour des amusements. « Il était devenu d’une rare  habilité », avait témoigné Veyre dans ses écrits. Et d’enchaîner : « Le sultan était un photographe amateur éclairé. Je lui enseignais le procédé à trois couleurs et quand il en fut maître, il passa de longues heures, enfermé dans son harem à photographier ses femmes, car au fond, c’était bien là son ambition que de fixer leurs  traits».

 

Crédits: A.B

 

Paru dans le Soir Echos : http://www.lesoir-echos.com/gabriel-veyre%E2%80%89-cliches-du-quotidien-marocain/culture/50802/

Jeudi 29 mars, Mouad Lhaqed a été à nouveau interpellé et placé en détention. Motif : « outrage à la police ». Larbi El Hilali, bloggeur marocain et membre du comité de soutien de Mouad nous dresse les anomalies de ce procès.

 

Mouad-Lhaqed

Mouad Lhaqed lors de sa sortie de prison, le 15 janvier dernier. En médaillon, Larbi El Hilali.

Tout d’abord, de quoi est accusé Mouad?

 

Mouad est poursuivi pour « atteinte à une institution publique » suite à une plainte déposée par la Direction générale de la sûreté nationale. Les poursuites ont été engagées sur la base d’une vidéo Youtube montrant des photomontages des policiers sur fond d’une de ses chansons. L’enquête préliminaire a été menée par la police qui a la particularité dans ce procès d’être aussi la partie civile. Très vite, les enquêteurs se sont rendus de leur bourde : ce n’est pas Mouad qui a réalisé et diffusé le photomontage en question. Jamais à court d’idées, ils ont changé d’angle d’attaque et d’accusation et ont décidé de le poursuivre aussi pour les paroles de la chanson.

 

Juridiquement et côté droit de l’homme, L’accusation est-elle légitime ou illogique ? Quelles sont les preuves disponibles?

 

Dans ce procès on nage en plein délire ! Sur le plan artistique, attaquer et dénigrer la police est un thème classique chez tous les rappeurs du monde. Pas la peine de chercher loin, il suffit d’écouter par exemple Taoufik Hazeb, rappeur pourtant proche du pouvoir, et sa dernière chanson « Bouliss » où il a des mots très durs envers la police marocaine et ses pratiques. Pourquoi ce qui est permis à Bigg ne l’est pas pour L7a9ed alors que les deux traitent la même question? A croire qu’il y a une justice pour L7a9ed et une justice pour les autres.  Puis de quoi parlons-nous exactement ? D’une chanson qui date de plus de trois ans, produite bien avant le printemps arabe, et que quelqu’un a décidé tout d’un coup de l’exhumer pour en faire une arme d’un crime imaginaire. Qu’est ce qui justifierait cet intérêt soudain pour cette chanson, pourquoi aujourd’hui et pas il y a trois ans?  On a beau tourner les faits dans tous les sens, rien n’explique légalement ce procès surréaliste. Les véritables raisons sont à chercher dans l’engagement de Mouad, on veut utiliser ce procès fabriqué de toutes pièces pour le museler et le faire taire. On s’acharne pour casser ce jeune rappeur et en faire un exemple à quiconque s’aventurera sur le terrain du rap engagé.

 

C’est la DGSN qui a déposée plainte contre Mouad… Pourquoi une telle institution  s’en prend a votre avis a un jeune et simple Rappeur?

 

C’est la DGSN qui a déposé plainte et c’est bien la première fois qu’elle intente un procès depuis sa création. Vous vous rendez compte : alors qu’elle a mieux à faire, à commencer par les graves problèmes de délinquance et d’insécurité qui sévissent dans le pays, la DGSN n’a rien trouvé de mieux à faire que de poursuivre un rappeur ! C’est d’autant plus absurde que la police marocaine a beaucoup de choses à se reprocher en matière d’atteintes aux personnes, des faits filmés et connus par tous, et on n’a pas vu le parquet bouger le doigt !  Pourquoi l’a t-elle fait ? Je ne crois pas qu’une institution aussi solide et sûre d’elle ait peur d’une chanson. Je crois qu’on lui a demandé de le faire.

 

Pourquoi les audiences se reportent tout le temps et on refuse la liberté provisoire ?

 

Le report des audiences vise à fatiguer les soutiens de Mouad et à épuiser tout le monde avant de rentrer dans le sujet. Quant au refus de la liberté provisoire, c’est une pratique devenue malheureusement systématique dans ce qui s’apparente à une présomption de culpabilité et non d’innocence. Le juge du siège ne fait qu’entériner ce qu’a décidé le juge d’instruction, et ce maintien en détention vaut déjà presque-condamnation puisqu’il deviendrait difficile d’innocenter un accusé après plusieurs mois en détention préventive. Quelque part c’est aussi une façon de préparer l’opinion publique au prononcé du jugement et la condamnation. Le jugement devient ainsi un prolongement de la détention préventive.

 

 

Dans tes live Tweets tu parlais de « plein délire » et questions bizarres… Des exemples ? Quelles sont les questions posées à Mouad? Il y a eu des hors sujet?

 

Dans ce procès on a l’impression qu’il y a une accusation qui ne prend même la peine de lire le dossier et essayer de prouver qu’il y a délit. Pour elle le procès est une corvée comme si le jugement est déjà écrit et si elle avait le choix, elle se serait bien passé des débats. Du coup l’interrogatoire de Mouad a tourné à la farce, une pièce du théâtre de boulevard.  On a demandé à Mouad s’il peut présenter une carte d’artiste délivrée par le ministère de la culture pour prouver qu’il est artiste. Vous vous rendez compte ! Le plus sérieusement du monde on lui a aussi demandé de dire à la Cour en quelle ville se trouve le centre de détention de Témara. Sans parler de l’avocat de la police qui a passé son temps à hurler qu’il est persécuté par les avocats de la défense et que lui, comme la DGSN , ne sont que les pauvres victimes d’un procès inéquitable. On a cru rêver ! On a aussi demandé à Mouad de dire comment il sait qu’il y a des voleurs dans la police et s’il peut le prouver ! Le résultat est que les audiences sont régulièrement ponctuées par des rires de l’assistance et je me demande s’il ne faut pas plutôt en pleurer.

 

La défense a demandé la convocation du directeur de la DGSN et la diffusion de la chanson, pourquoi le juge a refusé ses requêtes ?

 

Dans ce procès il y a un formidable absent : le plaignant. La défense a demandé qu’on écoute le représentant légal de la DGSN sur ses motivations parce qu’il n’a jamais été entendu que ce soit lors de l’enquête de la police faite par ses propres services ou l’instruction. Il y a certes ses avocats mais on ne sait même pas qui les a désignés et s’ils sont habilités à plaider dans ce procès et pour tout dire on ne sait pas qui ils représentent. Le juge a refusé cette demande sans motiver sa décision. La défense a par ailleurs refusé qu’on traite une chanson comme un assemblage de mots, a rappelé que comme toute œuvre artistique il y a un contexte, un sens et une création. Elle a proposé de diffuser la chanson pour permettre à chacun de se faire un avis. Le juge n’a pas tranché sur la question préférant lire des extraits de la chanson hors contexte. Mais encore … si seulement quelqu’un a pris la peine de soutenir l’accusation et de prouver qu’il y atteinte à la police. Les faits présumés n’intéressaient ni l’accusation et ni la cour, seuls les avocats de la défense essayaient d’en discuter. Au point que je me suis demandé s’il n’aurait pas été plus simple de passer directement au prononcé du jugement !

 

C’est un procès un peu particulier puisqu’il s’agit d’une vidéo Youtube et de la création sur internet. Comment le tribunal a appréhendé ces questions ?

 

C’est la fracture numérique au cœur du tribunal ! Pour l’accusation chaque photo, chaque vidéo et chaque contenu relatif à Mouad ne peut forcément être posté que par Mouad ! Le procureur a même demandé à Mouad s’il avait une société de production car dans son esprit un photomontage Youtube nécessite une société spécialisée pour le produire ! Il n’a pas non plus compris comment une chanson produite des années auparavant a pu être republiée récemment sur le net par d’autres personnes. Quand les avocats de la défense ont demandé qu’on interroge la société google sur l’IP de la personne qui a publié la vidéo en question, l’accusation avait beaucoup de difficultés à comprendre que c’est techniquement possible.

 

 

Comment répond Mouad, il assure ?

 

Comme au premier procès, Mouad était formidablement digne dans ses réponses. Il a répondu sincèrement avec ses mots et sans artifices de langage. On voulait le casser parce qu’il gênait mais ça n’a fait que renforcer sa résistance. A un moment il a répondu au juge que si on voulait le condamner pour le seul crime de s’être exprimé librement alors il est prêt à payer le prix de cette injustice.

 

Comment décrivez-vous ce procès ?

 

Beaucoup de jeunes gens ont assisté pour la 1er fois de leur vie à un procès à l’occasion de cette affaire. Le sentiment partagé par beaucoup dans le palais de justice est qu’il s’agit du Kafka à Ain Sbaa. On ne sait même pas pourquoi ce procès a été enclenché. J’ai l’impression qu’on peut accuser et condamner n’importe qui pour n’importe quoi, et que les meilleurs pénalistes du monde ne peuvent rien devant cette drôle de justice. J’espère que le verdict me donnera tort et innocentera Mouad.

 

 

Une partie de cette interview est paru dans le soir echos : http://www.lesoir-echos.com/%E2%80%89linterrogatoire-de-mouad-lhaqed-a-tourne-a-la-farce%E2%80%89/societe/50681/



Dimanche, à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur célébrée le 23 avril, le collectif « Nod T9ra » (Tous pour la lecture) a organisé une séance de lecture spontanée dans plusieurs villes du royaume. Contre vents et marées, le message est passé.

crédits: photographe Laila AitBouchetba 

A Casablanca, le collectif s’est rassemblé le 23 avril, Place de la Poste, pour une séance de lecture, non loin de manifestants qui battaient le pavé.
« Je sortirai dimanche à 17h, avec un livre entre mes mains… ». La phrase de l’affiche du collectif Nod Teqra (Tous pour la lecture) en dit long sur l’ambition de ce groupe de jeunes. Initiée à la base par Hamza Mahfoud, un jeune du Mouvement 20 février (M20F), l’idée, comme l’avoue ce dernier, ne date pas d’hier. « Il y a cinq ans, nous avons initié le collectif Moroccanbookclub dans un café à Casablanca. On se mettait mensuellement d’accord sur un livre qu’on lisait tous et qu’on analysait et discutait ensemble. On s’est lié d’une belle relation humaine et on voulait que cette «aura» enveloppe tout le monde. Avec l’avènement du M20F, nous avons remarqué que beaucoup de personnes ont une idée incomplète de ce que peut être la démocratie, l’égalité, la modernité, le despotisme, à cause d’un manque de connaissances, de culture générale, en lecture, plus précisément. Et cette initiative a été lancée justement pour pallier à cela ».

L’ire de la police

Au pied d’un arbre, dans un jardin, sur un banc ou près d’une fontaine ou encore assis par terre, le collectif a réussi sa première sortie, dimanche, malgré les pluies instables et la présence des forces de l’ordre. « Tout s’est très bien passé, à Casablanca, Tanger, Oujda, M’diq, Errachidia… Il n’y a qu’à Rabat où la police s’est mal comportée avec les lecteurs du collectif », nous apprend Mahfoud.
A Casablanca, le collectif s’est rassemblé à la Place de la Poste pour la séance de lecture, non loin de manifestants qui battaient le pavé pour demander leur réinsertion dans le monde du travail. Sauf que ces derniers allaient être dispersés par les membres des forces de l’ordre qui par la suite s’en sont pris au collectif avec menaces et insultes, affirme une source au Soir échos. « Va-t-en ! Si tu veux lire, rentre chez toi. Il n’est pas permis de se rassembler sur la voie publique pour lire. Reste en dehors de tout ça, tu as l’air d’une fille respectable », avait lancé un policier à une blogueuse. « Non seulement je me trouvais privée de mon droit de lire, mais également insultée et écrasée par un agent d’autorité qui me refusait mon droit au savoir », avait-elle avoué dans un billet qu’elle a rédigé.

La lecture est une urgence

Le 25 avril, deux jours après la commémoration de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, un journal arabophone avait titré l’un de ces articles, parlant d’un événement similaire : « Benkirane interdit la lecture sur la voie publique »…. Dans une dizaine de villes du royaume, plusieurs personnes ont répondu présent à l’appel du collectif Nod Teqra. Des écrivains, des journalistes, des éditeurs, des acteurs et des enfants. « Nous avons échangé nos livres, nous avons découvert de nouveaux écrivains, dans toutes les langues. Un atelier « Lis-moi pour voir » a même été prévu pour les non-voyants. », nous explique Hamza Mahfoud. D’après Mustapha Raqi, un activiste de la section du collectif à Errachidia, l’événement a connu un énorme succès et le conseil de la ville aurait décidé de rendre officielle la lecture sur la voie publique tous les dimanches à 17h. « Les statistiques sur la lecture au Maroc sont désolantes», constate Mahfoud. La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur commémore cette année, la mort de trois célèbres auteurs à savoir, Miguel de Cervantès, Inca Garcilaso de la Vega et William Shakespeare. ◆

 

Paru dans le soir echos : http://www.lesoir-echos.com/nod-teqra%E2%80%89-pour-que-la-lecture-devienne-une-habitude/societe/50605/

Le PHILOSOPHE et Sociologue EDGAR MORIN accord une interview exclusive au Soir TV

Depuis samedi et jusqu’à jeudi, la septième édition de Jazzablanca a fait appel aux artistes les plus virtuoses du jazz. Parmi eux, Marcus Miller l’un des multi-compositeurs, chanteurs et bassistes les plus célèbres du jazz fusion. C’est la première fois que Marcus Miller se produit avec son nouveau band au Maroc, première étape d’une tournée africaine….

 

 

Crédits: Bouraque Tarek

Comment se passe votre tournée de cette année ?
Avec ma nouveau band, nous avons commencé la tournée avec 4 concerts à Milano. Nous avons joué des morceaux de notre nouvel album spécialement composé pour mon nouveau groupe de musiciens. Ils sont formidables. Je suis très heureux avec eux. Il nous reste à peu près six semaines. Nous sommes au Maroc là et nous passerons par d’autres pays d’Afrique, puis en Europe, les États-Unis et en retournera forcement en Europe.

C’est la première fois que vous vous produisez au Maroc ?
Oui, c’est la première fois et c’est juste magnifique ! C’est fou comment les gens adorent la musique ici. J’ai aussi mangé tous les tajines possibles et imaginables et maintenant j’ai tout le temps envie de dormir (rires).

Que représente le jazz pour vous ?
C’est un rapport vraiment d’individualité et de caractère. C’est très important. Les gens qui ont une culture où l’individualité n’est pas importante ont forcement du mal à comprendre le jazz. Le plus important dans le jazz c’est de pouvoir dire par le son qui nous sommes et qu’est ce qui nous différencie d’autrui. Quand j’écoute Django, je me dis, ça c’est du Django. Quand c’est Miles Davis qui joue, on sait que c’est lui. Ce n’est pas facile pour moi non plus, mais quand on m’écoute jouer, ma touche personnelle se sent.

Comment fût votre rencontre avec la Bass ?
J’avais 13 ans et un ami à moi jouait de la Bass à l’époque. J’ai rapidement aimé le son et je le visitais souvent pour apprendre cet instrument et j’en suis tombé amoureux. Surtout qu’en R&B, que j’aime beaucoup, la Bass est au milieu de la musique, on n’entend qu’elle, c’est merveilleux !

Quelle est votre contribution au jazz ?
J’ignore. Tout ce que je fais c’est de jouer avec mon cœur. J’espère que j’émeus de temps en temps les gens et que j’arrive à leur transmettre ce que je ressens à travers la musique.

Qu’en est-t-il du Slap ?
C’est le bassiste américain Larry Graham qui a inventé cette technique. Je la lui ai emprunté et lui ai rajouté mon propre style de son. Le Slap produit un jeu percussif que j’aime. Et je suis fier de suivre et de porter cet héritage.

Quel a été votre premier succès ?
(Rires) Mon premier succès, c’était le jour ou j’ai appris à dribbler au basket en bloquant la balle entre mes jambes… J’étais aux anges !

Comment était la période Miles Davis ?
J’ai commencé à jouer avec lui quand j’avais 21 ans. C’était à New York. J’étais dans un studio d’enregistrement, tard la nuit, mon téléphone sonne : « Allô, ici Miles Davis, dans deux heures il faut qu’on se voit. », m’a-t-il-annoncé. « C’est vraiment, vous, Miles Davis ? », j’ai demandé. « Oui, bien sur que c’est moi ! »…. Et après 2 heures je jouais avec Miles Davis ! C’était incroyable. C’était fou. On ne parlait pas trop lui et moi, on jouait tout simplement.

C’était quoi son secret à Miles Davis ?
Son esprit très puissant et très clairvoyant dans la musique. On le reconnait quand il joue, c’est vivant, c’est peps. J’étais jeune et je réalisais à peine ma rencontre avec lui. Aujourd’hui, il me manque. Il manque à tout le monde, Miles…  (Larmes aux yeux) .

Présentez-nous un peu votre nouveau band ….
Louis Cato sur la batterie mais qui joue très bien à la Bass, la trompette et la guitare aussi. Mais pour moi c’est le batteur du band. Kris Bowers est pianiste, 23 ans et déjà un as. Ensuite il y a Alex Han au saxophone avec qui j’ai déjà joué auparavant. Nous avons aussi Maurice Brown, le trompettiste qui est très fort lui aussi. Enfin  Adam Agati, le guitariste, une autre fierté pour moi.

Quel titre porte votre nouvel album ?
« Re-birth », renaissance, et il va être disponible pour le public à partir du 20 mai. Très prochainement alors. ◆

 

Paru dans le Soir Echos : http://www.lesoir-echos.com/miles-davis-me-manque/culture/50276/

Video

Les chaînes publiques devront désormais diffuser principalement en arabe et en amazigh, les deux langues officielles du Royaume.

La mise en page des nouveaux cahiers des charges de la SOREAD-2M et de la SNRT annonce d’ores et déjà la couleur. Rédigés uniquement en langue arabe, la cible se voit restreinte et les professionnels de l’audiovisuel se sentent menacés : « Je suis catastrophé par les dispositions des nouveaux cahiers de charges des sociétés nationales de l’audiovisuel. Je pense que les directeurs des chaînes doivent l’être aussi. Bonjour la nouvelle télé marocaine de demain ! Préparez-vous à beaucoup de débats et un exode massif de l’audimat marocain vers d’autres chaînes étrangères plus divertissantes ».  Dino Sebti, PDG de la société de production SIGMA, semble avoir minutieusement lu les articles des nouveaux cahiers des charges des sociétés relevant du pôle audiovisuel public. Ces cahiers des charges ont été soumis par le ministère de tutelle le 28 mars dernier et validés par la HACA le lendemain. Pourquoi cette révision avec des quotas linguistiques et une définition des programmes, alors que cela devrait être du ressort des directeurs des programmes des chaînes publiques ? « Le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi n’enfreint à aucun moment la loi, ni la nouvelle constitution », reconnaît un spécialiste de l’audiovisuel.   Entre El Khalfi et la nouvelle Constitution, l’engagement est plus que moral. Reconnaissant l’Arabe et l’Amazigh comme deux langues officielles du Royaume, les chaînes publiques devront désormais s’y plier. Pour 2M par exemple il est prévu un quota de 50 % en langue arabe, 30 % en langue amazigh, et 20 % pour les langues étrangères. La SNRT, elle, fera fi de la langue française : un quota de 80 % de programmes en langue arabe et 20% en amazigh.  Autre nouveauté dans les nouveaux cahiers des charges des médias publics : les spots de la loterie seront bannis des écrans.

Un comité d’éthique du contenu sera activé

Pour ce qui est des nouvelles chaînes du bouquet de la SNRT, le paysage médiatique sera enrichi par la chaîne de la famille et de l’enfant, peut-on lire dans les cahiers des charges. « La chaine Al Maghribia va devenir une chaîne 100 % d’informations et s’appellera Al Ikhbaria », nous révèle un responsable proche du dossier. Hormis la langue et la publicité, les nouveaux cahiers des charges prévoient d’autres modifications. « El Khalfi compte reconsidérer le rôle que joue le médiateur des médias publics. Les émissions de 2M et la SNRT, en direct, pourront faire objet de débats, de critiques et de propositions et pourront être critiquées ou encore auto-critiquées. C’est ainsi que le paysage médiatique peut s’améliorer », nous explique la même source proche du dossier, ayant requis l’anonymat. Enfin, un comité d’éthique du contenu sera activé, nous apprend la même source.

Les antis, pas très convaincants

2M-Montage-Camera

 

Le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, mise sur un contenu qualitatif. Plus de débat, plus de journaux télévisés, mais aussi plus de téléfilms, majoritairement en langue arabe. « A part les responsables des agences de production audiovisuelle, qui a sérieusement dit « non » à ces nouveaux cahiers des charges ? Peu de personnes ! », s’exclame notre source, proche du dossier.  Dino Sebti, fait pourtant partie de ceux qui sont mécontents puisque désormais la production de contenu se fera beaucoup plus en interne qu’en externe : « L’idée étant de faire travailler plus les chaînes et moins le secteur privé, il faut s’attendre à un taux de licenciement massif dans notre industrie. Noté que j’utilise le terme ‘industrie’, car ces dernières années nous avons véritablement développé ce secteur pour qu’au final on nous demande de revenir à l’artisanat. », s’indigne-t-il. Pourtant, la politique d’El Khalfi n’a rien d’extraordinaire. Il s’agit pour le ministre de rationaliser les dépenses des chaînes publiques. Ainsi, 30% des émissions seront externalisées. Un site web dédié aux propositions de concepts sera lancé et les projets postés en ligne seront étudiés par une commission composée de 8 membres, dont le responsable du service concerné par la production au sein de la chaîne, selon sa thématique. Les cahiers des charges seront mis en application pour les journaux télévisés à partir du 1er mai 2012. Pour ce qui est du reste de la programmation, il faudra attendre le 1er septembre 2012. « Quel problème y a t-il en passant l’appel à la prière durant 2 minutes sur une chaîne nationale ?’’, s’interroge un responsable de la deuxième chaîne. Une nouveauté parmi d’autres, comme la production d’une nouvelle émission religieuse sur 2M ou encore le lancement d’un dessin animé made in SNRT. Mais le seul grand souci reste l’application de ces cahiers des charges. Si Mustapha El Khalfi veut produire plus de contenu, pourra-t-il le financer ? Pour ce qui est de Medi1tv, son cahier de charges expire en 2013. La chaîne devra elle aussi se plier à de nouvelles dispositions». a-t-il ajouté.◆

PARU DANS LE SOIR ECHOS : http://www.lesoir-echos.com/le-paysage-audiovisuel-se-metamorphose/societe/49643/

 

 

C’est une première au Maroc. Vendredi, le complexe Mohamed V à Casablanca s’est métamorphosé en une gigantesque aire de jeu pour accueillir Saltimbanco, l’immense spectacle canadien du Cirque du Soleil. Des scènes métaphoriques de la vie urbaine.

« Au Cirque du soleil, on a pensé à tout. La sécurité a été placée à son plus haut niveau et nous avons consacré pour chaque détail, des machines aux artistes, le temps qu’il fallait. Le spectacle Saltimbanco a été magnifique. Le public est ébloui ! ». Vanessa Nappoli, chargée de relations publiques du Cirque du soleil n’a pas tort. Un mariage de couleur intriguant, un jeu de lumière magique, une musique envoûtante, des costumes sur mesure pour chaque artiste et des numéros alliant poésie, agilité, dextérité et prouesses techniques. Le Cirque du soleil a conduit des milliers de spectateurs dans un monde de rêve brisant les limites du possible. Dimanche, la troupe de cirque canadienne a fêté au Maroc son 20e anniversaire.

Un spectacle total

Envahissant au tout début la scène du spectacle, les personnages baroques ont représenté des scènes romancées de la vie urbaine. Bohèmes, anticonformistes mais aussi philosophes, ils ont brossé le tableau d’une ambiance citadine tantôt joviale et heureuse, tantôt triste et dramatique, accompagnée parfois d’un chant en chœur des plus émouvants. Saltimbanco enchaîne ensuite avec le numéro du clown Eddie, le mime sachant imiter à la perfection la gestuelle et les bruits entourant notre quotidien. Dans son second show, Eddie a même invité l’un des spectateurs à s’amuser avec lui sur scène… Une complicité très appréciée par le public. De  Straps, Canners, Jonglette, à Boleadores ou encore le main à main; le spectacle Saltimbanco n’a pas manqué de tours dans son chapeau. Mais le clou du spectacle se compose des trois numéros acrobatiques exécutés par la House troup (Troupe maison) :

*Bungees : A l’aide d’élastiques (Bungees) accrochés au plafond, 4 artistes vêtus de costumes blancs ont survolé le ciel, défiant les lois de la gravité. Après un saut artistique dans les hauteurs, ils exécutent un ballet céleste et angélique. Leur atterrissage ressemblait à celui d’oiseaux comblés de liberté.

*Les mâts chinois : A quelque 8 mètres du sol, ce numéro demande de la concentration. Habillés de costumes multicolores, les artistes de la troupe maison du Cirque du soleil ont surgi comme des serpents de l’estrade et se sont mis à escalader les mâts chinois, gratte-ciel de Saltimbanco. S’élançant dans les cieux, les artistes jonglaient avec l’agilité, la force et l’adrénaline. Face à leurs acrobaties audacieuses, le public avait des fois même le souffle coupé.

*La balançoire russe : C’est sur une grande balançoire rectangulaire que les personnages baroques se sont le plus amusés. Catapultés dans les altitudes du ciel, les artistes ont survolé 9 mètres de haut afin d’atterrir soit sur le sol, soit sur les épaules de leur coéquipier ou encore sur une géante et vertigineuse tour humaine.

 

 

Sur un fond rythmé de musique mélangeant jazz, rock, pop, métal et mélodies psychédéliques, le Cirque du soleil avait fini sur un tableau féérique mais aussi existentiel. Entouré des Baroques, du mime, et de tous les autres personnages auxquels chaque spectateur peut s’identifier le dormeur et le maitre de scène se sont retrouvés tout les deux assis sur le fauteuil bleu, symbolisant la détermination et le désir de posséder les êtres et les choses.

 

 Video du Spectacle Saltimbanco par l’équipe du SoirTv

 

Article paru dans le Soir Echos : http://www.lesoir-echos.com/magique-saltimbanco/culture/49365/

Crédits images : Le Cirque du Soleil

Arrêté après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca et libéré de prison le 14 avril 2011, le cheikh salafiste Mohamed El Fizazi repense sérieusement à son vieux projet : la création du PST, le parti du savoir et du travail à caractère islamiste mais pas salafiste. Interview.

Mohamed-El-FizaziMohamed El Fizazi entretient des relations amicales avec les dirigeants du PJD. Mustapha Ramid lui a même promis de le soutenir dans ses démarches de création d’un nouveau parti politique.

Pensez-vous qu’il est opportun de créer un nouveau parti politique islamiste au Maroc ?
La création d’un nouveau parti aura comme objectif d’encadrer ceux qui n’ont pas encore d’orientation politique spécifique et d’enrichir le paysage politique marocain.

Quel sera le programme sociétal de ce parti politique ?
Il sera question tout d’abord d’un programme politique à référentiel islamique et non pas, comme on le lit partout, un parti salafiste. Ceci dit, les salafistes sont, comme tous les citoyens marocains, les bienvenus dans ce nouveau parti politique. On ne va pas d’ailleurs être les premiers à en créer. Je peux vous citer le PJD, le Parti de la renaissance et de la vertu, le parti Al Oumma et le Parti de l’alternative civilisationelle.

Justement, ne trouvez-vous pas qu’il y a assez de formations politiques au référentiel religieux ?
Le parti aura comme credo la diversité islamiste et rassemblera en son sein différents courants islamiques.

Ce parti n’a-t-il pas pour objectif de contrer la gauche ?
Pas du tout. La gauche existe depuis des lustres. L’Istiqlal qui se dit de gauche a lui-même un référentiel islamique et conservateur. Feu Allal El Fassi était d’ailleurs un salafiste par excellence. Ceci dit, la gauche s’affaiblit et se détériore et doit céder la place aux islamistes. Les peuples optent pour un retour à l’Islam. C’est une réalité.

Pensez-vous que le ministère de Intérieur vous délivrera facilement le récépissé pour créer ce parti ?
Pourquoi pas ? Nous sommes des citoyens et nous avons le droit de créer un parti politique. D’ailleurs, le ministre de la Justice et des libertés individuelles, Mustapha Ramid, nous a affirmé dans sa propre demeure qu’il encourageait ce genre d’initiative, et qu’il était prêt à nous aider.

Depuis qu’il est au gouvernement, le PJD n’arrête pas d’avoir des confrontations délicates avec les modernistes et les laïcs. Comment voyez-vous cela, et quel sera le comportement de votre parti vis-à-vis de ces idéologies ?
La majorité des membres du PJD sont mes camarades et mes amis intimes, et le moins que l’on puisse dire de ce parti, c’est qu’il est connu pour son intégrité. A l’inverse des anciens partis politiques qui n’avaient aucune éthique. C’est à cause d’eux que la société s’est pervertie. Ils sont responsables de la fébrilité sociale, de la marginalisation du monde rural, de la pauvreté, de l’ignorance, de la dégénérescence, de la nullité de l’enseignement, de la dégradation de la santé, des crimes, du libertinage, du délabrement des valeurs morales. Tout cela à cause du non-attachement à l’Islam. Pour ce qui est de la laïcité, cette dernière est l’opposé de l’Islam, si elle veut dire séparation de la religion du politique et si elle veut dire dénigrement de l’Islam.

Mais la laïcité est le seul système qui permette la cohabitation de toutes les religions entre elles…
En effet, la laïcité ne rejette pas les religions mais les exclut du champ politique. Mais quand la laïcité commence à dire que l’Islam n’est pas apte à gouverner, cela relève du blasphème ! Ceci dit, il y a nuance. La liberté de culte n’est pas la liberté d’apostasie. L’apostasie est une grande trahison. La liberté est en cela relative.

Au sein de votre parti, l’idéologie wahhabite va-t-elle être prégnante?
Je ne sais pas ce que le mot « wahhabite » veut dire. Je connais par contre l’islam, le Coran, la sunna, les devoirs et les interdits d’Allah.

Votre position sur Al Adl a-t-elle changé ? Qu’en est-il du M20F ?
Al Adl Wal Ihsane est un mouvement politique religieux qui s’impose avec force. Nos idéologies ont des points de convergence mais aussi des divergences. Et je dirais la même chose pour ce qui est du Mouvement du 20 février. Je suis contre les dé-jeûneurs du ramadan mais pas contre le M20F car nous aussi aspirons à abolir les symboles de la prévarication. Sauf que nous, c’est de l’intérieur des institutions que nous voulons le faire, alors que le mouvement opte pour un combat en dehors des institutions.

L’affaire Amina a soulevé la polémique autour de l’article 475 et le mariage des mineurs, qu’en pensez-vous ?
Si la loi islamique s’appliquait en bonne et due forme, le violeur ne sera pas en liberté actuellement. Pour le débat sur le mariage des mineurs, je pense qu’il faudrait plus parler des femmes célibataires endurcies (Bayrates). Si on veut vraiment évoquer le problème du mariage des mineurs, qui est permis, évoquons donc le problème de l’alcool, les jeux de hasard qui sont permis. Est-ce que la Zakat s’applique ? Non, pas du tout. Est-ce que l’Etat veille à la promotion de la vertu et à la prévention du vice ? Non plus.
Est-ce qu’après votre séjour en prison, certaines visions vis-à-vis de la Constitution et du système ont changé ?
Je n’ai jamais eu de dent contre la Constitution encore moins contre le système. J’aimerais juste que la Constitution soit appliquée. Le Maroc reconnaît l’Islam en tant que religion et non pas la laïcité. Ceux qui prônent la laïcité désobéissent à Dieu en premier lieu puis à la Constitution. Les laïques sont tout simplement des hors-Charia, des hors-Constitution et des hors-la-loi.

Que pensez-vous des dernières fatwas de Zemzemi sur les sex-toys ?
Ce ne sont pas des fatwas mais des fantasmes honteux. Ce sont des atteintes à la femme et aux textes coraniques.

Ce n’est pas une forme de liberté individuelle ?
C’est plutôt de l’extrémisme.◆

Qui est Mohamed El Fizazi ?

Mohamed El Fizazi est l’un des prêcheurs salafistes les plus médiatisés. Professeur de français à Tanger, il y prêche dans une mosquée au quartier Casa Barata et développe une hostilité vis-à-vis d’Al Adl Wal Ihsane de Abdessalam Yassine, qu’il qualifie de matérialiste. Accusé d’avoir influencé les auteurs des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, El Fizazi a été condamné à 30 ans de prison ferme. Libéré le 14 avril 2011, suite à une grâce royale, il reconsidère ses anciennes positions et se montre de plus en plus tolérant vis-à-vis des autres idéologies islamistes. Il nous confiera qu’il n’avait pas marché dernièrement à Tanger contre le M20F mais qu’on lui avait dit qu’il s’agissait d’une marche contre les « dé-jeûneurs » du ramadan qu’il ne tolère pas. Sur la monarchie, il avait déclaré : « Le mouvement salafiste défend la monarchie plus que la monarchie elle-même  ! » .

Paru dans le Soir Echos : http://www.lesoir-echos.com/el-fizazi-se-convertit-a-la-politique/presse-maroc/49167/

Hier, une marche de soutien pour Al Qods a été organisée, à Casablanca par le groupe d’action national de soutien à l’Irak et à la Palestine et l’Association marocaine de soutien à la lutte palestinienne (AMSLP).

Al-quadsA Casablanca, plusieurs milliers de personnes ont défilé, hier, en solidarité avec le peuple palestinien.

Des drapeaux palestiniens, des slogans multilingues scandés par plusieurs milliers de Marocains de différentes orientations politiques, syndicales et associatives. Ils ont tous marché, hier dimanche, afin de dénoncer les crimes de guerre ainsi que les destructions commis à l’égard d’Al Qods Acharif. Pour Khalid Sefiani, président de l’AMSLP, « cette marche est tout d’abord une preuve d’amour et de soutien que portent tous les Marocains pour leur frères palestiniens. Suite aux marches mondiales qui ont été organisées en soutien et en solidarité avec le peuple palestinien, nous marchons, nous aussi, ce dimanche, pour dénoncer l’existence injuste du sionisme sous toutes ses formes. »

Participation massive

Etaient présent à cette marche plusieurs figures emblématiques marocaines à savoir, le chef du gouvernement Abdelillah Benkirane, le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi, le ministre d’État Abdellah Baha, Mohamed Hamdaoui du Mouvement Unicité et Réforme, mais surtout grand nombre des salafistes comme El Fizazi et d’autres récemment libérés tels que Kettani et Abou Hafs. D’après plusieurs témoins oculaires, la marche d’hier a connu plus de participants que celle organisée dimanche dernier à Rabat par le mouvement Al Adl Wal Ihssane. Parmi les slogans scandés, les pancartes levées laissaient lire : «  Tous pour anéantir la plus grande attaque sioniste qui veut judaïser la Palestine », « Tous pour la libération de nos frères palestiniens », « Union Arabes = Libération d’Al Aqsa », ou encore «  Arrêtez la répression et la tyrannie, ô sionistes ! ». D’autres militants et acteurs associatifs, mais aussi de simples citoyens marocains ont profité de l’occasion pour dénoncer la démolition des habitations du peuple palestinien, les implantations illégales des constructions et la falsification volontaire de l’histoire d’Al Qods. La marche d’hier a notamment coincidé avec la célébration, ce week-end, de la Journée de la terre, célébrée chaque année le 30 mars par les Palestiniens en commémoration de la mort en 1976 de six des leurs, lors de manifestations contre la confiscation de terrains par Israël. Et à la veille de la célébration de cette journée, le roi Mohammed VI, président du Comité Al Qods a vivement critiqué les travaux de constructions d’implantation à Al Qods, sur «les terres de Palestiniens», dans des lettres envoyées vendredi dernier aux dirigeants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Ces lettres précisent qu’Al Qods connaît des «développments graves (…) en raison de la persistance des autorités israéliennes à mettre à exécution leur plan visant à modifier le statut juridique et les caractéristiques historiques, spirituelles et humaines de cette ville sainte».

Mobilisation mondiale

La police et l’armée israéliennes étaient fortement mobilisées depuis jeudi dernier à la veille de manifestations prévues en Israël, dans les Territoires palestiniens et à Al Qods pour marquer la Journée de la terre. De nombreux appels à manifester, pacifiquement, ont été lancés cette année dans plusieurs villes du monde. En Jordanie, un sit-in a réuni plus de 15 000 personnes à Kafreïn, près de la mer Morte, à environ 1,5 km de la frontière. Agitant des drapeaux palestiniens et jordaniens, les manifestants ont scandé des slogans contre le traité de paix jordano-israélien de 1994. Dans le sud du Liban, près de la frontière israélienne, des centaines de Libanais et de réfugiés palestiniens ont manifesté sous haute surveillance, brandissant des drapeaux palestiniens et du Hezbollah libanais. D’autres rassemblements étaient prévus dans les quatre coins du monde : en Indonésie, en France, aux États-Unis… Les marcheurs à travers le monde ont fait la promesse que les Palestiniens poursuivront jusqu’au bout leur chemin vers leur indépendance nationale. ◆

 

PARU DANS LE SOIR  : http://www.lesoir-echos.com/mobilises-pour-al-qods/presse-maroc/48869/